Mesures d’adaptation populationnelles à la chaleur

Les mesures populationnelles sont appropriées pour réduire l’impact de la chaleur sur la santé d’une collectivité. Les mesures répertoriées dans cette page peuvent toucher une région, une ville et les personnes habitant un quartier ou un édifice. Diverses organisations peuvent les mettre en place dont les autorités de santé publique, les établissements de santé et les municipalités.

Plans d’action

Les établissements de santé comme les CISSS ou les CIUSSS, les directions régionales de santé publique et les municipalités sont appelés à élaborer des plans d’action pour prévenir les effets nocifs de la chaleur sur la santé de la population. Ces plans prévoient des interventions, notamment à l’égard des personnes les plus à risque. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), quant à lui, a mis en place un Plan ministériel de gestion des épisodes de chaleur extrême lié à la mission « Santé » du Plan national de sécurité civile. Il vise à faciliter la concertation des acteurs du réseau de la santé et des services sociaux et à assurer la cohérence de ses diverses mesures.

Un plan d’action des autorités municipales et sanitaires peut inclure :

  • Des campagnes de sensibilisation ciblant les quartiers les plus à risque;
  • L’accès à des refuges climatisés;
  • L’extension des heures d’ouverture des piscines publiques;
  • Un porte-à-porte auprès des populations vulnérables en phase ultime.

En 2022, l’ensemble des directions de santé publique du sud du Québec possédait un plan de prévention et d’intervention en cas de chaleur extrême.

Exemples de mesures mises en place par le réseau de la santé et des services sociaux

Établissements de santé

Prévention

  • Offrir des activités de formation au personnel liées à l’adaptation aux changements climatiques et les impacts sur la santé.
  • Développer des ententes de collaboration avec les directions de santé publique.
  • Allouer un budget spécifique à l’adaptation aux changements climatiques pour les mesures d’urgence et celles à plus long terme comme le verdissement.

Intervention

  • Identifier les personnes vulnérables/avoir une liste à jour.
  • Effectuer une évaluation médicale supplémentaire au début de l’été auprès des personnes vulnérables.
  • Surveiller plus étroitement les signes précurseurs et/ou les manifestations cliniques des maladies liées à la chaleur.
  • Augmenter la ventilation (p. ex. ventilation naturelle, fenêtres pouvant être ouvertes, etc.).
  • Installer des toiles pour réduire l’effet des rayons du soleil.
  • Ajuster les horaires de travail ou faire des rotations de personnel plus fréquentes.

Directions de santé publique

Prévention

  • Élaborer un plan de vigie sanitaire et météorologique.
  • Identifier les indicateurs sanitaires et météorologiques par phase d'intervention (p. ex. quoi suivre, à quel moment).
  • Définir des seuils d’alerte, d'intervention et de rétablissement en fonction des indicateurs sanitaires et météorologiques.
  • Offrir des activités de formation au personnel en lien avec l’environnement, les changements climatiques et la santé.
  • Développer des ententes de collaboration avec des organisations régionales ou municipales.

Intervention

  • Suivre le système SUPREME de vigie sanitaire.
  • Identifier les zones à risque élevé de mortalité pour orienter les interventions préventives.
  • Sensibiliser la population aux impacts de la chaleur sur la santé.
  • Effectuer une enquête épidémiologique.
  • Communiquer les mesures de protection individuelle à la population.
  • Effectuer des appels à la vigilance auprès de partenaires (urgentologues, psychiatres, pharmaciens, etc.) pour les effets de la chaleur et les cas préoccupants.

Source : Observatoire québécois de l’adaptation aux changements climatiques (OQACC) et Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Systèmes d’alertes

Les systèmes de surveillance et d’alertes préventives permettent d’anticiper les épisodes de chaleur. Ils offrent aux autorités concernées plus de temps pour déployer les actions appropriées. De tels systèmes peuvent ainsi prévenir les effets nocifs de la chaleur au sein de la population.

SUPREME

Depuis 2010, le Système de surveillance et de prévention des impacts sanitaires des évènements météorologiques extrêmes (SUPREME) émet des avertissements de chaleur extrême destinés aux équipes du réseau de la santé et des services sociaux. Ceux-ci sont émis dès que la vague de chaleur annoncée est susceptible d’augmenter les décès dans une région. Ils se déclenchent quand la moyenne pondérée des températures maximales et minimales des trois prochains jours atteint les valeurs seuils.

L’INSPQ a élaboré ces seuils de chaleur extrême et les réévalue périodiquement. L’acclimatation à la chaleur, le vieillissement de la population, la distribution des vagues de chaleur et l’évolution des îlots de chaleur urbains représentent des changements pouvant modifier ces seuils au fil du temps.

Alertes personnalisées

Un système d’alertes préventives permet de joindre rapidement les personnes désirant être avisées lors de journées de grande chaleur. Par exemple des personnes plus vulnérables à la chaleur peuvent s’abonner au service et recevoir des alertes par courriel, par texto ou par appel automatisé. De plus, ce type de système rappelle aux personnes abonnées quelques mesures préventives afin de limiter les impacts de la chaleur sur la santé.

Lutte contre les îlots de chaleur

Le verdissement est une mesure efficace d’adaptation contre les îlots de chaleur urbains et les épisodes de chaleur extrême. Les bénéfices de la végétation peuvent notamment mener à une réduction du taux d’hospitalisation et de mortalité en lien avec la chaleur chez les populations à proximité d’espaces verts. Consultez nos pages Lutte contre les îlots de chaleur et Verdissement.

Aménagement du territoire et bâtiments

Une densité trop importante du milieu bâti peut emmagasiner la chaleur en créant des canyons urbains, soit des rues étroites avec de hauts bâtiments près les uns des autres. D’un autre côté, l’étalement urbain accroît les superficies minéralisées, engendre la destruction de milieux naturels et favorise l’absorption de la chaleur par le milieu bâti. Que faire? Une densification verte à l’échelle humaine permettrait d’éviter au maximum les désavantages des deux formes urbaines et de limiter l’accroissement de la chaleur dans les villes.

Les mesures pour réduire le parc automobile et la promotion des déplacements actifs et collectifs atténuent aussi les émanations de chaleur et de polluants provenant des véhicules. Celles-ci représentent, dans certains cas, près du tiers des émanations totales dans les villes. Enfin, la qualité du logement a également une incidence sur les effets de la chaleur touchant la santé de ses habitant(e)s.

Plans d’eau

Les piscines, les jeux d’eau et autres lieux de baignade permettent aussi de se rafraîchir en période de canicule. Étendre leurs heures d’ouverture pourrait en améliorer l’accès, en particulier aux personnes susceptibles de souffrir de la chaleur.

Les lacs et les rivières sont également dotés de propriétés rafraîchissantes. De grandeur appréciable, leurs eaux affichent une température moins élevée de 2,5 °C en moyenne que les secteurs environnants. De plus, les cours d’eau contribuent à réduire les températures ambiantes de par leur capacité thermique plus élevée. En effet, ils peuvent absorber et stocker davantage de chaleur durant le jour que les terres avoisinantes et ainsi entraîner un refroidissement de l’air.

Tout comme pour les espaces verts, la capacité refroidissante des plans d’eau dépend de leur situation (p. ex. îlot de chaleur urbain, parc, lieu ombragé), de leur grandeur et d’autres caractéristiques comme la force du courant et leur niveau de pollution.

Application cartographique

Plusieurs cartographies ont été développées afin de visualiser les risques, les secteurs vulnérables et les facteurs de protection ou de vulnérabilité pouvant influencer les effets de la chaleur sur la santé humaine. Par exemple, la cartographie des îlots de chaleur et de fraîcheur urbains et du niveau de défavorisation des populations peut soutenir l’identification des secteurs dont une plus grande proportion de la population serait vulnérable. Elle aide les municipalités et les directions de santé publique à prioriser les quartiers pour lesquels des interventions de verdissement ou autres seraient davantage bénéfiques. Consultez notre page Cartographie des îlots de chaleur urbains.

Endroits publics climatisés

Les espaces climatisés offrent un environnement frais et réduisent l’exposition des personnes aux températures élevées. Les endroits publics climatisés, tels que les centres d’achats et les bibliothèques, doivent toutefois être organisés et aménagés afin de répondre aux besoins concernant la chaleur. Par exemple :

  • Être ouverts durant les périodes de la journée où les températures à l’intérieur des logements sont les plus élevées;
  • Permettre de s’y reposer si nécessaire;
  • Compter des places assises;
  • Être accessibles dans les zones prioritaires.

Concernant le choix des endroits publics climatisés, la priorisation des milieux où la proportion de logements et d’espaces publics climatisés est moins élevée s’avère essentielle pour maximiser l’efficacité de la mesure sur la santé et les inégalités sociales de santé.

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